L'aiguille danse une valse, avide dans son geste de ces sensations qu'elle sent, qu'elle vit. L'aiguille valse rebondit sautille sans pauses sans accélérations dans un mouvement monotone objectif qui court et qui marche, qui s'enfuit. Et naît une fleur dans un bourgeon de bonheur qui ne tend qu'à croître; les pétales dépliants s'échappent du nœud liant qui ornait la tige verte, l'odeur se libère du bourgeon où tout étouffait, la lumière attire l'œil de quiconque s'y laisse prendre. Un instant. L'aiguille danse une valse rebondit sautille sans pauses sans accélérations. La fleur inspire, expire, comme dans un tic, comme dans un tac; la fleur mûrit, lente mais constante, là où la permanence fait rage, là où l'odeur persiste, là où s'échappe un fil d'or qui comme une corde lie dans une émotion commune, lie d'une émotion commune. La robe colorée de la nature danse sur elle-même, se sème, s'échappe, en une multitude de semblables s'éparpille telle un ornement précieux, telle l'or parsemé en pépites dans les couches du monde, de la terre, des ondes. Des années. L'aiguille danse une valse rebondit sautille sans pauses sans accélérations dans un rythme constant. Les semences gracieuses défient la valse en de danses prodigieusement plus agiles, en de gestes prodigieusement plus habiles. Lestes, elles frétillent au vent, elles poussent à la pluie et croissent au soleil; distinguées, elles se dressent en d'éternels voyages, échappées d'elles-mêmes, échappées d'ailleurs. La danse accélère puis décélère, court puis marche, reste, toujours. Toujours, malgré la valse. L'aiguille valse rebondit sautille sans pauses sans accélérations dans un mouvement monotone objectif qui court et qui marche, qui s'enfuit. Et dans l'éternel ricoche le tic-tac sur les ondes florales.