Le clavier chantant au fond d'une mémoire subjuguée s'actionne -toupie vivante sous le don de l'impulsion- dans l'air expiré par les touches qu'effleurent ces mains inspirées. La caresse auditive, d'abord douce puis calme dans un rythme régulier, la caresse auditive accélère, étrangement surprenante, cadeau d'intensité. Elle court, court, se poursuit elle-même, sous la main intense la grâcieuse mélodie; chargée elle s'évade, se déverse en abondance, en émotions, telle l'eau qui se précipite en Wasserfall, se sépare pour se rejoindre dans une intense explosion, rejaillit d'elle-même. Ignorant les ricochets, la main lance les pierres dans le fond, éclabousse dans le précipice de ses émotions, dans l'intensité de cet air où submerge la sensibilité. Précieux accords transcendés dans une subtilité cristalline. La force née du paroxysme de la fragilité. Et sur la sculpture réminiscente prennent forme admiration et délicate fierté, dans l'air expiré par les touches qu'effleurent ces mains inspirées, dans une sensibilité critalline. Dans cette main sensiblement cristalline.