Ils sont plats, ces cafards. Le dos courbé, rabougris, lourds, ils avancent et affichent la part la plus flatteuse de leur visage; lisse, brillante, presque attirante de ses reflets turquoises qu'imaginent les âmes poétiques. Mais leurs pattes, courtes, s'accrochent; et ils avancent, lourdement, presque injustement, avec leurs pattes courtes et pliées sous le poids de leur coque métallisée, incapables de se retourner en cas de besoin. La ruse du rusé désabuse, et seul, le cafard ne peut plus rien; sur le dos, révélant son corps mécanique et répugnant, il se contente de gesticuler d'impuissance et brasse l'air, monstrueusement. Sa difformité le rend ridicule. L'écraser n'en est pas moins jouissif; jubilation. L'insecte à la double face qui s'était pris pour un miroir, n'est plus qu'une tâche. Vraiment plats, ces cafards.