Douce l’amertume piquante ; de son dard émoussé, bourdonnant de colère, elle s’agite, se meut, de long en large, de bas en haut, tourne, fuit, revient, s’envole, s’attrape ; active. Elle s’enroule dans l’air, s’y renverse, s’y perd, le repousse, le piétine, le pique, le transperce, pique, pique. Pique encore. Délicieusement elle s’y applique, terrible, suave. Le petit venin vient. Le petit venin d’autrefois, des grands jours ; la nuit est belle. Le petit venin, bien. Les sourires écrasent les flots, l’effleurent, le venin. Survenu et vain le venin qui vient au loin et s’entête, se jette, s’effrite. Tuméfaction. Le cri du dard se noie dans son poison, submergé par ses effets ; en vain. La marque, la marque se démarque du dard émoussé qui pousse, qui épouse sa cible. L’inoffensif dard. La plaie tuméfiée béante, riante. Vide en dedans, elle résonne. Tonne. Etonne. Entonne le chant de l’Euphorie, le chant d’autrefois.