Pousse, pousse le fil vert ; tortillonnante, tourbillonnante, la ficelle végétale prend forme, s'allonge, s'étend, se détend. Sa danse invisible qu'ornent des scintillements cristallins allonge les jupons verdissants, légère et obscure, dans les airs flottante. Un brin nouveau prolonge les racines puissantes qui puisent dans le gouffre sous-jacent ; un brin autrefois sauvage, primitif,  désormais complexe, croissance inéluctable de chevelures fibreuses emmêlées  telles des amas de conscience.
      Verdissantes, les lignes se prolongent lentement, le fil usé par le temps, par la force ; la froide caresse diamantine enfante les émeraudes de la terre, les secrets du silence. La lumière nourrit l’obscure assoiffé du fluide mystérieux qui comble les sillons enfouis.