Firefox_wallpaper

Morphée s'en est allé. Ses pieds traînent, lents et déviants. Il esquisse un demi-tour, danse sur un pied puis sur l'autre, hésite, vient, repart, s'arrête, stagne, puis s'asseoit.  Poussé par le temps, retenu par l'absence froide, Morphée est triste, Morphée n'est plus. Il voyage en de longs pèlerinages, allonge sa route, erre devant les vestiges mendiants du  bonheur affiché, du bonheur répété, à répéter. Il erre, impatient de repartir, latent mais loin, si loin, et pourtant si présent. Latence obsédante que couvrent les draps déjà froids frémissants d'impatience. Incontinente impatience qu'enlacent les chaleurs aquatiques qui mènent au sommeil. Morphée s'emplit, s'amplifie. Morphée s'en est allé.