J'avais visionné Léon une nouvelle fois. Et puis, j'ai eu envie de travailler le portrait. J'en ai besoin. Alors j'ai choisi Mathilda, pour sa gueule, pour sa force, sa frange et son carré trop courts qui dévoilent son visage et son regard, les fragilités et les forces d'une enfant qui a grandi trop vite et qui en veut à la terre entière. J'étais bel et bien consciente que le pari était ambitieux.

J'ai préparé une toile au gesso, avec l'intention de peindre Mathilda pointant son flingue vers moi/nous, le doigt sur la détente, en nous fixant droit dans les yeux, en légère plongée.
J'ai posé les premiers traits du visage, sa forme puis ses yeux, son nez, sa bouche. Puis j'ai bataillé. Les réajustements ont été nombreux. Mon matériel n'est pas adéquat, le carbone a fini par s'étaler et flouter les nouvelles entreprises qui précisaient un début de ressemblance, en le masquant tout autant. Mais l'orientation du regard n'est pas bonne et fausse l'effet de plongée.

J'ai ensuite attaqué sa main droite, à ma gauche, qui pointe le pistolet.  Opération délicate: garder les proportions. Je ne suis pas assez technique. Quand j'écris ces lignes une idée me vient pour peut-être mieux réussir la prochaine fois. Le pistolet est finalement trop haut, certains doigts trop longs par rapport à l'image que j'essaie de reproduire, je perds encore une fois la plongée  parce que je ne réussis le raccourci ni sur la main, ni sur le pistolet.

La tentative de reproduction de Mathilda n'est pas été concluante. C'est pour une autre fois, un autre moment, un autre support, peut-être. Je recouvre la toile et tous les traits que j'y ai laissés d'encre de chine.